La situation peut sembler paradoxale
aux profanes . La Guadeloupe semble avoir failli coupé la
branche sur laquelle elle était assise . La Guadeloupe qui
voulait gagner en pouvoir d'achat, s'est encore plus appauvrie en
nuisant fortement à son image touristique . Pour comprendre ce
paradoxe, il faut écouter le très sage Jacky Dahomey
Blog de Mr Dahomey qui parle du mouvement LKP comme d'un "mouvement social non identifié" .
En effet, comment qualifier un mouvement dont le dirigeant (Elie
Domota) est indépendantiste et demande un retrait de
l'état français, et dont les manifestants sont
intégrationnistes en demandant plus d'implication de
l'état français ?
La réponse est dans "l’ambivalence des sentiments
d’une population qui mêle avec une même passion, un
rejet, sinon une défiance de principe envers la
France et son pouvoir
“colonial”, et aussi, une confiance aveugle dans la
République,
au point de penser que la métropole peut tout, notamment en
matière financière" . Elle tient aussi en la
personnalité même de Mr
Domota, leader du Mouvement LPK (formé pour la circonstance) qui
a su habilement surfer sur cette ambivalence .
Le LPK, formé d'une myriade de petites association, est avant
tout le porte-voix du syndicat UGTG dont Mr Domota est le nouveau
leader depuis
2 ans . L'UGTG est le syndicat majoritaire de l'île . C'est un
syndicat extrèmement radical (Equivalent
des Syndicat SUD métropolitains) et porté par
l'ultra-gauche guadeloupéenne (Voir le site de
l'UGTG) .
Se gardant bien de toute revendication indépendantiste, Mr
Domota a concentré son discours auprès des foules sur la
"profitation" Békée, a fédéré
l'ensemble des revendications souvent légitimes du peuple
guadeloupéen, réussissant ainsi à assoir son
pouvoir et sa légitimité, en taisant ses ambitions . Il est évident
aujourd'hui que le nouveau leader cherchait à créer un
état insurrectionnel proche du chaos propice à
l'avancée de ses idées indépendantistes . Il a
fallu tout le sang-froid des forces de l'ordre devant des bandes
armées pour éviter un accident qui aurait pu faire
basculer l'opinion publique vers la colère et le radicalisme des
idées de l'UGTG .
La mort d'un militant, tué par erreur par ses propres troupes à ruiné les espoirs de Mr Domota .
En marge de tout celà, l'effet sur le tourisme a
été absolument désatreux
. De nombreux hotels ont du fermer leurs portes pour toute la saison .
Nombre de touristes se sont retrouvés en tout et pour tout
avec 1/2 plein d'essence pour tout leur séjour, parfois sans
logement, parfois pris à parti . Beaucoup d'entre eux ont
trouvé refuge à
Marie-Galante où la vie continuait normalement, à
l'écart des troubles, marquée simplement par quelques
pénuries d'approvisionnement .
25 novembre 2009 :
La vie Guadeloupéenne a repris son cours normal .
Comme après un cyclone, on a fait le bilan des dégats .
Bilan lourd car de nombreuses sociétés liées de
près ou de loin au tourisme on disparu ou sont en grande difficulté du fait de la désertion des touristes .
La population, qui a le sentiment de s'être fait manipuler, se méfie maintenant terriblement du LKP et de son
leader qui n'ont apporté, après 44 jours de grève et de blocage, que très peu d'avancées
et beaucoup de ruine . Même les petits entrepreneurs locaux qui
se reconnaissaient dans ce mouvement prennent leur distance avec leur
leader . Mr Domota n'a rassemblé que 400 (10% des effectifs du syndicat) personnes autour de
lui dans sa "grande" manifestation organisée hier, le 24
novembre qui devait servir de test. Le mouvement de grève
"générale" n'a même pas été
perceptible par la population . Nombre d'entreprises qui avaient
signé l'accord Binot sont incapables de verser les augmentations
de salaire promises, vu les difficultés économiques locales et
internationales . Je cite RFO :
"Les organisations patronales proches du LKP et signataires de
l’accord Bino, se sont désolidarisés du mouvement lancé par le
collectif .Dans une déclaration rendue publique mardi, ces organisations
patronales rappellent au LKP que, "au
moment où nous avons signé l’accord Bino, nous avons considéré qu’une bonne
partie de vos revendications était juste"."Aujourd’hui, vous lancez un
mouvement social qui ne tient pas compte de la réalité de la situation
économique de nos entreprises", ajoutent-elles en précisant que "ce mouvement
est de nature à accélérer leur disparition".
Et à Marie-Galante ?
Marie-Galante n'a été rattachée que
tardivement à la Guadeloupe . Même au temps de la
révolution française, MG était républicaine
lorsque la Guadeloupe se déclarait royaliste . En fait MG, au
départ, était surtout lié à la Dominique .
C'était le jardin et le potager des indiens arawaks de la
Domininique qui traversaient très facilement en pirogues
à voiles, du fait d'un vent de travers constant (Les vents
alizés) . Par contre MG est restée très
isolée de la Guadeloupe car les navires de Pointe-à-Pitre
ne remontaient pas assez le vent pour pouvoir atteindre MG .
Ainsi, MG a toujours apris à se débrouiller seule, et
tient farouchement à son indépendance par rapport
à la Guadeloupe . Donc à Marie-Galante, à part un
certain attentisme des investissements dans l'acquisition ou la
construction
immobilière liée à la crise internationale, la vie
se déroule de façon paisible et sereine . Les
pêcheurs font leurs casiers à langoustes, la canne
à sucre pousse bien, les plages et les routes sont très
bien entretenues et , au 15 novembre, il faisait 28° dehors et
28° dans l'eau .
9 décembre 2009 :
Comme il fallait s'y attendre, aucune presse
métropolitaine ne fait état de l'échec cuisant de
Mr Domota pour ses prétendues nouvelles manifestations . Le
"Monde", si rapide à évoquer de nouvelles "tensions"
en Guadeloupe sous l'égide du LKP, se garde bien de nous informer de la prise de conscience
des guadeloupéens de la manipulation dont ils ont
été victimes et de la perte de crédit, à
leurs yeux du mouvement LKP .
Mr Domota vient de faire un magnifique "Flop" avec ses 400 manifestants et sa grève "générale" invisible !
Faut-il rappeler que ce même
journal, l'an dernier, avait écrit une page entière sur
le parcours "exemplaire" de Mr Domota, en "omettant" tout simplement
de dire qu'il était depuis 1 an le secrétaire
général de l'UGTG et très proche de Mr Besancenot
. Faut-il également rappeler que Canal+ a été
condamné pour avoir diffusé des images des émeutes
en Guadeloupe (l'an dernier) qui étaient, en fait, des images
d'émeutes en Sierra Leone ? Comme pour d'autres sujets plus
actuels, on ne parlera jamais assez du rôle polémiste,
destructeur, et racoleur de la nouvelle presse qui semble avoir perdu
toute éthique .
Donc, aujourd'hui, la Guadeloupe panse ses blessures, et n'aspire
qu'à se remettre au travail . Le climat est détendu et
accueillant .
9 janvier 2010 :
Deuxième "Flop" consécutif pour le LKP,
malgré la présence de Mr Besancenot venu en renfort, et
le choix du jour, un samedi, jour où peu de guadeloupéens
travaillent et où des cortèges célébrent le
début du carnaval, empruntant le même parcours.
Visiblement, les guadeloupéens sont lassés
des manifestations et grèves .
Pas de grève
générale en Guadeloupe de prévue
. Mr Domota se
rétracte, contre-disant ce qu'il avait déclaré
à la presse . On note, par ailleurs que Mr Domota, si prompt
à interpeler les médias, semble médusé par
les résultats clairement anti-indépendantistes du référendum organisé en Martinique et
Guyane . Aucune réaction de sa part, non-plus, pour ce qui s'est passé en Haïti .
1er février 2010 :
Climat très détendu et festif en Guadeloupe : le
carnaval, la fête et les rires sont au rendez-vous ! La
Guadeloupe met les bouchées doubles pour rattraper le chemin
perdu et reprendre sa place dans les destinations de rêve .