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DES NOUVELLES DE LA GUADELOUPE ET DE MARIE-GALANTE

Un constat :
Les journaux de métropole (Le Monde, en tête) n'apportent que des informations très parcellaires et souvent caricaturées sur le climat social rêgnant en Guadeloupe . J'ai pensé qu'il était utile au visiteur potentiel de connaître exactement la situation en ce coin de la planête avant de le choisir comme destination . Les informations données ici sont fiables, directement prises à la source, grâce à ce que j'ai pu régulièrement constater sur place, aux médias locaux et à mes contacts .

Petit rappel pour ceux qui veulent mieux comprendre ce qui s'est passé en Guadeloupe au printemps 2009 :
La situation peut sembler paradoxale aux profanes . La Guadeloupe semble avoir failli coupé la branche sur laquelle elle était assise . La Guadeloupe qui voulait gagner en pouvoir d'achat, s'est encore plus appauvrie en nuisant fortement à son image touristique . Pour comprendre ce paradoxe, il faut écouter le très sage Jacky Dahomey Blog de Mr Dahomey qui parle du mouvement LKP comme d'un "mouvement social non identifié" .
En effet, comment qualifier un mouvement dont le dirigeant (Elie Domota) est indépendantiste et demande un retrait de l'état français, et dont les manifestants sont  intégrationnistes en demandant plus d'implication de l'état français ?
La réponse est dans "l’ambivalence des sentiments d’une population qui mêle avec une même passion, un rejet, sinon une défiance de principe envers la France et son pouvoir “colonial”, et aussi, une confiance aveugle dans la République, au point de penser que la métropole peut tout, notamment en matière financière" . Elle tient aussi en la personnalité même de Mr Domota, leader du Mouvement LPK (formé pour la circonstance) qui a su habilement surfer sur cette ambivalence . Le LPK, formé d'une myriade de petites association, est avant tout le porte-voix du syndicat UGTG dont Mr Domota est le nouveau leader depuis 2 ans . L'UGTG est le syndicat majoritaire de l'île . C'est un syndicat extrèmement radical (Equivalent des Syndicat SUD métropolitains) et porté par l'ultra-gauche guadeloupéenne (Voir le site de l'UGTG) .
Se gardant bien de toute revendication indépendantiste, Mr Domota a concentré son discours auprès des foules sur la "profitation" Békée, a fédéré l'ensemble des revendications souvent légitimes du peuple guadeloupéen, réussissant ainsi à assoir son pouvoir et sa légitimité, en taisant ses ambitions . Il est évident aujourd'hui que le nouveau leader cherchait à créer un état insurrectionnel proche du chaos propice à l'avancée de ses idées indépendantistes . Il a fallu tout le sang-froid des forces de l'ordre devant des bandes armées pour éviter un accident qui aurait pu faire basculer l'opinion publique vers la colère et le radicalisme des idées de l'UGTG .
La mort d'un militant, tué par erreur par ses propres troupes à ruiné les espoirs de Mr Domota .

En marge de tout celà, l'effet sur le tourisme a été absolument désatreux . De nombreux hotels ont du fermer leurs portes pour toute la saison . Nombre de touristes se sont retrouvés en tout et pour tout avec 1/2 plein d'essence pour tout leur séjour, parfois sans logement, parfois pris à parti . Beaucoup d'entre eux ont trouvé refuge à Marie-Galante où la vie continuait normalement, à l'écart des troubles, marquée simplement par quelques pénuries d'approvisionnement .

 25 novembre 2009 :
La vie Guadeloupéenne a repris son cours normal  . Comme après un cyclone, on a fait le bilan des dégats . Bilan lourd car de nombreuses sociétés liées de près ou de loin au tourisme on disparu ou sont en grande difficulté du fait de la désertion des touristes . La population, qui a le sentiment de s'être fait manipuler, se méfie maintenant terriblement du LKP et de son leader qui n'ont apporté, après 44 jours de grève et de blocage, que très peu d'avancées et beaucoup de ruine . Même les petits entrepreneurs locaux qui se reconnaissaient dans ce mouvement prennent leur distance avec leur leader . Mr Domota n'a rassemblé que 400 (10% des effectifs du syndicat) personnes autour de lui dans sa "grande" manifestation organisée hier, le 24 novembre qui devait servir de test. Le mouvement de grève "générale" n'a même pas été perceptible par la population . Nombre d'entreprises qui avaient signé l'accord Binot sont incapables de verser les augmentations de salaire promises, vu les difficultés économiques locales et internationales . Je cite RFO :
 "Les organisations patronales proches du LKP et signataires de l’accord Bino, se sont désolidarisés du mouvement lancé par le collectif .Dans une déclaration rendue publique mardi, ces organisations patronales rappellent au LKP que, "au moment où nous avons signé l’accord Bino, nous avons considéré qu’une bonne partie de vos revendications était juste"."Aujourd’hui, vous lancez un mouvement social qui ne tient pas compte de la réalité de la situation économique de nos entreprises", ajoutent-elles en précisant que "ce mouvement est de nature à accélérer leur disparition".

Et à Marie-Galante ?
Marie-Galante n'a été rattachée que tardivement à la Guadeloupe . Même au temps de la révolution française, MG était républicaine lorsque la Guadeloupe se déclarait royaliste . En fait MG, au départ, était surtout lié à la Dominique . C'était le jardin et le potager des indiens arawaks de la Domininique qui traversaient très facilement en pirogues à voiles, du fait d'un vent de travers constant (Les vents alizés) . Par contre MG est restée très isolée de la Guadeloupe car les navires de Pointe-à-Pitre ne remontaient pas assez le vent pour pouvoir atteindre MG .
Ainsi, MG a toujours apris à se débrouiller seule, et tient farouchement à son indépendance par rapport à la Guadeloupe . Donc à Marie-Galante, à part un certain attentisme des investissements dans l'acquisition ou la construction immobilière liée à la crise internationale, la vie se déroule de façon paisible et sereine . Les pêcheurs font leurs casiers à langoustes, la canne à sucre pousse bien, les plages et les routes sont très bien entretenues et , au 15 novembre, il faisait 28° dehors et 28° dans l'eau .

9 décembre 2009 :
Comme il fallait s'y attendre, aucune presse métropolitaine ne fait état de l'échec cuisant de Mr Domota pour ses prétendues nouvelles manifestations . Le "Monde", si rapide à évoquer de nouvelles "tensions" en Guadeloupe sous l'égide du LKP, se garde bien de nous informer de la prise de conscience des guadeloupéens de la manipulation dont ils ont été victimes et de la perte de crédit, à leurs yeux du mouvement LKP .
Mr Domota vient de faire un magnifique "Flop" avec ses 400 manifestants et sa grève "générale" invisible !
Faut-il rappeler que ce même journal, l'an dernier, avait écrit une page entière sur le parcours "exemplaire" de Mr Domota, en "omettant" tout simplement de  dire qu'il était depuis 1 an le secrétaire général de l'UGTG et très proche de Mr Besancenot . Faut-il également rappeler que Canal+ a été condamné pour avoir diffusé des images des émeutes en Guadeloupe (l'an dernier) qui étaient, en fait, des images d'émeutes en Sierra Leone ? Comme pour d'autres sujets plus actuels, on ne parlera jamais assez du rôle polémiste, destructeur, et racoleur de la nouvelle presse qui semble avoir perdu toute éthique .
Donc, aujourd'hui, la Guadeloupe panse ses blessures, et n'aspire qu'à se remettre au travail . Le climat est détendu et accueillant .
 
9 janvier 2010 :
Deuxième "Flop" consécutif pour le LKP, malgré la présence de Mr Besancenot venu en renfort, et le choix du jour, un samedi, jour où peu de guadeloupéens travaillent et où des cortèges célébrent le début du carnaval, empruntant le même parcours. Visiblement, les guadeloupéens sont lassés des manifestations et grèves . Pas de grève générale en Guadeloupe de prévue . Mr Domota se rétracte, contre-disant ce qu'il avait déclaré à la presse . On note, par ailleurs que Mr Domota, si prompt à interpeler les médias, semble médusé par les résultats clairement anti-indépendantistes du référendum organisé en Martinique et Guyane . Aucune réaction de sa part, non-plus, pour ce qui s'est passé en Haïti . 

1er février 2010 :
Climat très détendu et festif en Guadeloupe : le carnaval, la fête et les rires sont au rendez-vous ! La Guadeloupe met les bouchées doubles pour rattraper le chemin perdu et reprendre sa place dans les destinations de rêve .